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LES QUATRE JOURNÉES PASSÉES PAR BRIGITTE GIRARDIN A MAYOTTE, DU 13 AU 17 SEPTEMBRE, ONT ÉTÉ MARQUÉES PARL' INTENSITÉ DU TRAVAIL ET DEVRAIENT PERMETTRE DE RÉELLES AVANCÉES, NOTAMMENT EN MATIÈRE DE DÉFISCALISATION. Cette première visite officielle du nouveau ministre coïncidait avec la commémoration des vingt- cinq ans du Conseil général de Mayotte. Pour l'occasion, le président Bamana, en place depuis sa création en 1977, avait bien fait les choses en invitant pas moins de 13 présidents de conseils généraux de France métropolitaine avec, à leur tête, Jean Puech, président de l1assemblée des départements de France. L'idée étant d'apporter leur savoir- faire et leurs réflexions sur le statut de Mayotte en devenir et la décentralisation en marche. Les élus métropolitains ont ainsi pu débattre de toutes ces questions lors d'un grand colloque «Convergences juridiques et aménagement durable à Mayotte », organisé durant ces trois journées, avec le concours d'universitaires et de juristes réunionnais et métropolitains. Les quatre journées de Brigitte Girardin ont été couvertes au pas de course de façon à voir toute l'île, des bidonvilles de Kaweni aux mairies du Sud, en passant par les fermes aquacoles. L' ACTUALITÉ SOCIALE était aussi au rendez-vous et a permis à Mme Girardin de toucher du doigt la réalité d'une fonction publique à deux niveaux avec des contrats locaux sous-payés et aux droits limités, alors que les expatriés sont nettement mieux «primés ». Les instituteurs et les postiers l'attendaient de pied ferme dès son arrivée à Mamoudzou derrière les bannières « intégration immédiate». La ministre a pu désamorcer la bombe en programmant dès le 20 septembre une mission conduite notamment par un inspecteur général du ministère de l'Éducation Nationale afin d'élaborer des solutions.
UN NOUVEAU « LEVIER FISCAL» POUR MAYOTTE À l'issue de sa visite, Brigitte Girardin a pu conclure le col loque du Conseil général en soulignant les liens qui unis sent Mayotte et la France tout en réaffirmant le principe d'assimilation. L'évolution du «statut sur-mesure qui permettra à chacun de trouver sa place avec la prise en compte de ses particularités et du souhait de la population ». Enfin, la conférence de presse qui a précédé son départ fut l'occasion de faire le point sur certains sujets importants. Elle a déclaré ne pas s'inscrire « dans une poli tique de rupture » avec les mesures prises par l'ancien gouvernement, mais plutôt de perfectionnement et de cor rection. Ce sera le cas pour les allocations familiales (plafonnées ici à 3 enfants) et qui ne font, d'après elle, « que favoriser la polygamie ». En revanche, sur la défiscalisation, « qui s'est vidée peu à peu de son contenu », Brigitte Girardin a indiqué vouloir rompre totalement avec la précédente loi Pons, devenue loi Paul. Elle prépare une nouvelle mouture qui permettra notamment une plus grande éligibilité de projets et de favoriser la mise à niveau des entreprises. Ce « levier fiscal », comme elle s'est plu à la qualifier, devra ainsi permettre le développement des infrastructures, du logement social et intermédiaire, du secteur touristique... LA CONVENTION DE DÉVELOPPEMENT; qui s'étalera de 2003 à 2007 pour «le rattrapage économique et social de Mayotte », recevra environ 100 millions d'euros durant ce quinquennat. Entre autres projets, la convention permettra de reprendre de nouvelles études de faisabilité de la piste longue de l'aéroport, chère aux élus. Néanmoins, le ministre est resté vague sur les questions de rentabilité d'une telle ligne qui est « un service public nécessaire à la continuité territoriale ». En bref, l'heure est aux travaux appliqués : «Je ne suis pas venue faire des promesses, mais mettre en place des mesures précises ». JACQUES ROMBI. |