Boinali Souprit: héros oublié de 1939-1945


Après la gloire, l'oubli C'est le cas de Boinail Souprit, 85 ans, seul
survivant mahorais de la deuxième grande guerre encore en vie. Le secrétaire d'État aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, attendu cet après-midi pour une visite officielle de 48 heures à Mayotte, lui rendra vis 11e demain à Tsingoni


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n peut être héros et misérable: c'est en tout cas la tranche de vie de Boinali Flamidi, alias Souprit, né le 4 novembre 1918 à Tsingoni. Cet homme de I ,50m, qui a hâte à montrer à M. Mekachera ses difficiles conditions de vie, a écrit une page de l'histoire de France, en participant à la campagne de Djibouti pendant la Deuxième guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

Boinali Souprit, 85 ans, seul sur survivant mahorais de la deuxième grande guerre

La séquence militaire de sa vie commence en 1939. A cette époque, où <l'école publique était mal vue, considérée comme étant une arme utilisée par les Blancs pour remplacer l'islam par le christianisme, le service militaire durait 3 ans.

Reconnu médicalement apte, M. Souprit fut envoyé à Diégo Suarez. Dans cette province septentrionale de Madagascar, il suit une formation en combat donnée en français, une langue dont il ne comprenait pas un seul mot.

Mais, il trouvera une astuce pour compenser sa lacune. "Je me faisais traduire par un Mahorais qui comprenait le français et transcrivais les mots techniques en caractères arabes

Sur le papier, la formation devait durer 3 ans. Mais, les événements se sont précipités et la guerre éclata. Six mois après, M. Souprit, à l'instar des Malgaches -le terme englobait aussi les Comoriens en raison de l'organisation administrative en vigueur créant le territoire dit Madagascar et Dépendances-, se trouve embarqué dans un bateau marchand escorté par un bateau de guerre à destination de Djibouti pour rallier les forces françaises combattantes.

 

M. Souprh était tireur au fusil mitrailleur

Nom du bataillon: BMSM, autrement dit bataillon des Somalis, regroupant Sénégalais, les Africains de l'Est et combattants en provenance de l'Océan indien.

La guerre fait rage. Les Alliés doivent repousser les troupes ennemis de l'axe Allemagne nazie, Italie fasciste et Japon.

M. Souprit est au front en Somalie, en Sthiopie et à Djihouti. Quel était son rôle? Il affirme avoir été " tireur de pièce ". En clair, il était tireur au fusil mitrailleur.

Interrogé sur le moment où il avait le plus peur pour sa vie, Boinali Hamidi évoque la date du 22juin 1940. L'intensité du feu était sans précédent. Le moral était surtout entamé par la propagande des ennemis, qui menaçaient d'effacer Djibouti de la carte par d'intenses bombardements aériens.

Mais, la résistance des Alliés a mis en échec le plan apocalyptique, se félicite M. Souprit, pour qui faire la guerre est un sacrifice sans commune mesure.

Sur le front, les feux retentis sent sans arrêt, jours et nuits. Dans ces conditions, on n'a ni sommeil, ni espoir d'un lendemain ", atteste-t-il en connaissance de cause.

Après la fin de la guerre en 1945, M. Souprit regagne définitivement l'île au lagon avec une médaille de l'Outremer Il sera récipiendaire d'une deuxième médaille en 1954 et d'une troisième il y a trois ans et aura l'honneur dernèrement de défiler aux Champs Élysées à l'occasion de la fête du 6 juillet.

 

Le héros survit avec 121 euros par mois

Pour le président de l'Union des anciens combattants de Mayotte, le commandant Boina, la visite du secrétaire d'État auprès de la ministre de la Défense chargé des Anciens combattants est une marque de reconnaissance et de "réhabilitation de mémoire de ceux qui sont morts pour la France". A noter que cette visite représente un immense espoir pour M. Souprit, dont les conditions de vie sont loin d être dignes d'une personne qui a permis à la France de rester ce qu'elle est.

M. Souprit vit dans une petite case SIM de deux pièces avec son épouse et 4 petits enfants dont il a la charge depuis la disparition de leur mère en 1980. Il affirme survivre avec 121 euros par mois issus d'allocations pour personnes âgées (91 euros) et de retraite du combat tant (30 euros).

"Je suis cotent que le ministre puisse me rendre. visite. Il constatera de visu comment je mène le reste de ma vie. Il n'est pas question de mendier quoi que ce soit, mais s'il manifestait une volonté de m'aider, je lui ferais part de mes principaux souhaits, qui tiennent à deux choses: logement et retraite corrects. Mais, je ne sais pas dans quel esprit se situe cette visite chez moi. Je lui dirai caribou dans ma modeste maison, que j 'ai eue il y a seulement 3 ans en échange de ma case en terre détruite voici 16 ans, après avoir changé des logements provisoires mis à ma disposition par la mairie pendant 13 ans. J'ai d'ailleurs perdu 2 de mes 3 médailles à force de déménager".

Ali Said