SAKIS, chanteur mahorais

 

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 Article du journal de Mayotte le

Sakis, le “petit prince” du M’Godro

Après “La Tragédie“ sortie en 1999 et “Sakis Bomze” seconde mouture en 2001, Sakis se trouve à nouveau dans les bacs avec son troisième album “M’Godro Mapuka” d’ores et déjà pressenti comme le tube de l’été Austral.

 Sakis Bomzé de mère comorienne et de père mahorais, est tombé dans le monde du spectacle lorsqu’il était petit, ses premières amours débutant avec la danse et un premier prix au concours de Kwasa-kwasa en 1994 au Golden Lagon. Deux ans plus tard, il participe à des concerts de rap et se fait remarquer pour ses textes et “jeux de mots” posés sur des instrumentations repiquées.

 Le chanteur retrouve la tête d’affiche avec son dernier album “M’godro Mapuka

 Mais le “déclic” se fait lors de la première nuit du rap, concours des jeunes espoirs où il termine deuxième, suivi du FIM 98, au cours duquel il a su se distinguer et se faire apprécier. Une première vraie scène à Al Camar de Moroni et la rencontre d’autres rappeurs comoriens seront déterminants pour les années suivantes, influençant son style et ses choix musicaux. Le prix Défi Jeune lui a par la suite permis de sortir “la Tragédie” en 1999 paru à 1000 exemplaires. Mais dès le début 2001 Sakis, “Sakis Bomzé” seconde mouture de l’artiste et tendance M’godro, fait exploser les chiffres avec 4600 exemplaires parus, l’un des plus grands succès mahorais à ce jour.

Aujourd’hui, le chanteur retrouve la tête d’affiche avec son dernier album “M’godro Mapuka” où le M’godro demeure prédominant, sur fond de chansons à textes.

300 albums vendus en une semaine et déjà 1700 autres se sont ajoutés en renfort dans les bacs.

Pour cet album, Sakis s’est entouré de plusieurs artistes de talent, à l’image de l’excellent Boura Mahiya joueur de Gabussi et de Mkayanba (instruments traditionnels mahorais), Youssouf Barre du groupe Karibu et de quelques jeunes choristes. Une panoplie de voix ouvrant une nouvelle dimension au registre de Sakis, imprimant un rythme et un son M’godro qui a aujourd’hui conquis les amateurs du genre. Au passage, l’artiste trouve en la personne de Boura Mahiya un interprète extraordinaire qu’il veut aujourd’hui faire connaître au grand public en produisant un album via “Bomzé production”.

Avec son dernier CD, Sakis touche là où ça fait mal, alternant les thèmes du quotidien des couples mahorais, naviguant entre amour et polygamie, liberté et déchirure. “Mes textes sont issus de la réalité mahoraise, des affres de la vie, comme la chanson racontant l’histoire d’une comorienne qui se marie avec un mahorais avant de lui présenter son frère venu de Grande Comores, mais qui n’est autre que son amant” explique Sakis. Un exemple parmi tant d’autre de la vie des habitants des quatre îles dont Sakis s’inspire largement pour écrire ses chansons.

Mais le chanteur ne se limite pas aux histoires de cœur, s’inspirant également de l’évolution de l’environnement et de la société en général, mettant l’accent sur les problèmes rencontrés à Mayotte.

  “Colère” parle ainsi des barrages des mamas qui “n’en peuvent plus de ne pas se faire entendre”, tandis que “Conscience Ulanga” tente de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes d’ailleurs, aux problèmes de pollution, en décrivant un esprit civique où chacun est responsable de l’autre.

En attendant, Sakis prépare d’ores et déjà la tournée de présentation de son album “M’Godro Mapuka” débutant dès le 26 septembre à Cavani en première partie de Magic Système avant de filer pour La Réunion en octobre à Saint-Pierre, Saint-Denis et Saint-Gilles et la métropole au mois de décembre, à Lyon, Angoulême, Marseille et Rennes.

Chloé Picamoles


Sakis et ses danseuses

de gauche à droite:

Sandati, Sanda, Sakis et Hadjira

Première partie de Magic Système. Octobre 2002 à Mayotte.
Sakis à Singapour.
Festival Inter Culturel de Mayotte. 2001.
Sakis en Malaisie.
 

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